[Chine-UE] La mission de la Chine auprès de l’UE qualifie les accusations d’« espionnage » d’infondées

 
 

Dimanche 10 février, la mission chinoise auprès de l'Union européenne a déclaré que « les parties concernées devraient traiter la Chine et les relations Chine-UE de manière objective et juste, et ne pas faire de remarques irresponsables », alors que le quotidien allemand Die Welt a rapporté samedi 9 février que le Service européen d'action extérieure (SEAE) avait mis en garde les diplomates européens contre la présence de centaines d'espions russes et chinois en activité à Bruxelles.

« Nous sommes profondément choqués par ce rapport, qui est totalement infondé », a écrit un porte-parole de la mission chinoise auprès de l'UE sur son site Internet officiel.

Le porte-parole a déclaré que « la partie chinoise a toujours respecté la souveraineté de tous les pays et ne s'immisce pas dans les affaires intérieures des autres pays. Nous attachons une grande importance à l’UE et aux relations Chine-UE. La Chine est toujours engagée à maintenir et à promouvoir un développement sain et stable des relations sino-européennes ».

Le SEAE, une branche de l'UE dirigée par la diplomate en chef Federica Mogherini, estime qu'il y a « environ 250 espions chinois et 200 espions russes dans la capitale européenne », a rapporté le journal allemand, citant des diplomates de l'UE.

Les diplomates et les responsables militaires de l'UE ont également été avertis d’éviter certaines parties du quartier européen de Bruxelles, notamment un restaurant et un café populaires situés à proximité du bâtiment principal de la Commission européenne, selon Die Welt.

L’article cite également le SEAE, selon lequel les agents de renseignement russes et chinois sont principalement basés dans les ambassades ou les missions commerciales de leur pays d'origine.

Bruxelles est largement considérée comme la capitale de facto de l'UE et accueille également le siège de l'OTAN.

Zhang Shengjun, professeur de politique internationale à l'Université normale de Beijing, a affirmé dimanche face au Global Times que le rapport « fait clairement écho à une autre version sans fondement de la “théorie de la menace chinoise”. C’est une tentative typique de stigmatiser l'image et les activités légitimes de la Chine en Europe afin de détourner l’attention du public des récentes difficultés au sein du bloc ».

Par définition, l’espionnage fait référence au travail de renseignement secret contre des adversaires par des moyens illégaux afin d’obtenir des informations cruciales. Ces critères ne pourraient en aucun cas s’appliquer à des activités commerciales et de communication ouvertes menées par des fonctionnaires chinois ou des commissions commerciales en Europe, a avancé M. Zhang.

L’article oblige délibérément la Chine et la Russie à servir le programme politique de l'UE sur la base de sa mentalité de Guerre froide, selon M. Zhang, qui affirme qu’« après tout, la Chine a un dossier parfaitement vierge en matière d'espionnage d'autres pays, contrairement aux Etats-Unis ».

Le nombre d'espions d'autres pays non européens, tels que les Etats-Unis, n'a pas été mentionné dans le rapport du journal allemand, a rapporté samedi le Brussels Times.

M. Zhang estime que la majorité des Européens ne prendra pas cet article au sérieux et que cela ne sapera guère la confiance mutuelle entre la Chine et l'UE.

Le site d'information russe Sputnik a rappelé samedi le scandale d'espionnage à Bruxelles révélé en 2003 dans lequel des diplomates espagnols, britanniques, allemands et français ayant travaillé dans le bâtiment Justis Lipsius du Conseil européen avaient été visés.

Bien que les responsables de ce scandale d’écoutes illégales n’aient jamais été identifiés de manière claire, la communauté mondiale du renseignement en a largement imputé la responsabilité à des agents américains et israéliens, a rapporté Sputnik.





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